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[LIVE REPORT] Prince, vu des cieux (Paris Stade de France, 30 Juin 2011)

[ Article originellement publié le 4 Juillet 2011 ]
Assister à un concert de Prince est un petit événement en soi, une expérience, paraissait-il. Un honneur même, me disait-on. Avant ce jeudi 30 juin pourtant, je ne faisais pas partie du cercle d'initiés. Hormis cette apparition surprise, il y a pile un an de ça, sur la scène de Bercy lors du concert du grand Stevie Wonder (pour un Superstition de folie qui plongea les 17 000 spectateurs présents, moi y compris, dans une sorte de transe), Prince manquait encore à mon tableau de chasse. Pour l'amatrice de live, pour l'amatrice de Soul, et pour l'amatrice de musique en général que je suis, on pourrait considérer ce manquement comme une anomalie, presque même comme un faux pas. Voir Prince et mourir. On m'avait tellement seriner qu'il était le meilleur, le plus grand (sic), le plus ardent, le plus inépuisable et surtout le plus funky d'entre tous.

J'avais fini par considérer cette succession systématique de superlatifs à son égard (dois-je même faire mention de l'obséquiosité ultime avec laquelle l'équipe du Grand Journal de Canal + s'adresse à l'artiste à chacun de ses passages dans l'émission) comme une forme de suffisance légèrement réac. Voilà probablement l'une des raisons pour lesquelles j'étais restée, jusqu'à lors, totalement insensible à cette aura princière, et à ses performances scéniques d'exception dont le tout Paris se gargarisait pourtant.

Arrivée au Stade de France en fin d'après-midi, direction la loge VIP de l'équipe "Esprit Musique"
Dans les salons privés qui mènent à notre loge, l'accueil est déjà "princier".

Mais quand l'équipe d'Esprit Musique (portail dédié aux nouveaux talents musicaux lancé par la Caisse d'Epargne à la mi-juin) est venue vers moi pour me proposer de faire partie de la fête lors du concert géant de Prince au Stade de France, j'ai saisi l'occasion qui m'était offerte de pouvoir enfin juger sur pièce ce que le Kid de Minneapolis valait vraiment sur scène. D'aucuns m'auraient arguer que le contexte, à savoir l'immensité des lieux, ne se prêterait pas à apprécier pleinement la valeur de l'artiste. Il n'en fut rien. Non seulement j'ai eu la grande chance d'assister à un show prodigieux (on en revient obligatoirement à ces fichus superlatifs quand il s'agit de parler de Prince), mais les conditions privilégiées dans lesquelles j'ai pu le faire n'ont fait que rajouter une pointe de luxe et de magie à l'euphorie de l'instant.

C'est parti pour près de 3 heures de show.
"I got too many hits !" lance Prince, crânement, à son public en fin de concert
All of the lights : nous ne sommes pas à un concert de Kanye West,
c'est bien pour Prince que Paris s'illumine à la tombée de la nuit. Magique.
Cette garden-party XXL de Prince, qui ne se contente pas de jouer ses nombreux tubes mais nous délivre aussi ceux des autres pendant près de trois heures (Chic, Sly Stone, Michael Jackson), était une leçon, dans son genre, d'un maître en contrôle total de son art. La dernière lubie princière ? Une utopie, évidemment : remplir le Stade de France, soit 70 000 places, en l'espace d'un mois. Probablement vexé que son ami Will.i.am soit capable, lui, de l'investir 3 soirs de rang à guichet fermé, la star avait donc lancé cette sorte de challenge à son public. Pari évidemment présomptueux, mais cependant relevé au 3/4, puisque ce soir-là, l'artiste et ses musiciens (dont le saxophoniste Maceo Parker) ont enchanté près de 40 000 personnes.

Avec Rémi du site Urban Fusions, autre blogueur invité
par le site Esprit Musique (Caisse d'Epargne)
Enchanter, envoûter ou ensorceler, tel est bien le terme, car ce soir là, il est évident que Prince a gagné le cœur et l'âme de chacune des personnes présentes dans les lieux. Des fans irréductibles de la pelouse or, qui faisaient flotter leur ballons couleur pourpre devant la scène, aux plus blasés des invités des tribunes VIP. Du vendeur de hot dog qui se déchaînait sur les rythmiques irrésistibles de "Play That Funky Music" pendant sa pause clope, jusqu'à la spectatrice profane que j'étais, qui, du haut de sa loge ultra cosy, a vu le Stade de France s'illuminer et une pluie de paillettes - couleur pourpre, évidemment - scintiller sur les milliers de spectateurs devant la scène, lors de la plus incroyable et la plus spectaculaire interprétation de "Purple Rain" qu'il m'ait été donné de voir (à la télé ou en DVD, s'entend). Tous, un par un, ce diable de Prince nous a conquis.

Le show fut grandiose, et se serait étalé sur plus de trois heures si le couvre-feu du Stade de France (qui ferme ses portes à minuit) n'avait pas dû y mettre fin. Faisant de moi, qui ne souhaitais définitivement pas descendre de mon "purple" nuage, une nouvelle disciple de la secte princière, à l'affût de l'éventualité d'un aftershow, prête à traverser tout Paris pour quelques minutes de rab. Prince m'a eue, c'est un fait, et si j'ignore encore le lieu qu'il choisira d'investir pour sa prochaine "party" dans la capitale, ce qui ne fait désormais plus aucun doute, c'est que je ferai tout pour en être.




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